Les Hucheurs(ses) parlent aux hucheurs(ses)

Principales résolutions du collectif  Huch!

 

 

      Contrer les récupérations de l’extrême droite et du Capital en affirmant une présence libertaire dans le milieu breton. Nous estimons cette présence indispensable pour faire entendre un autre son de cloche, une autre façon de voir. A l’heure où des phénomènes du type Vlamms Block ou Ligue Lombarde ont le vent en poupe il est urgent de proposer un autre projet de société prenant en compte les identités nationales. Nous sommes bien conscients qu’à travers le discours « régionaliste » ADSAV ou autres nervis néo nazis opportunistes ont trouvé un thème porteur pour véhiculer leurs idées nauséabondes. A ce niveau, le combat doit se faire tant dans la rue qu’au niveau des idées! Car si les fafs ne sont pas combattus au niveau du terrain qu’ils occupent, on risque d’assister à un accaparement pur et simple de la thématique bretonne. Le discrédit jeté sur le combat des cultures minorisées se traduira alors par un rejet et une peur de la population pour cette problématique. L’équation breton = facho sera remis au goût du jour et à part les fafs et l’Etat français, personne n’aurait rien à gagner dans un tel scénario catastrophe. Car une partie de la population bretonne pourrait très bien être séduite par les discours chauvins et xénophobes d’ADSAV et autres MRB. Cette possibilité est loin d’être exclue car, si l’électorat d’extrême droite est assez discret en Bretagne c’était jusqu’il y a peu, sur une extrême droite française que les votes se portaient. Depuis l’émergence d’une extrême droite clairement bretonne dans son discours, bien malin celui qui pourrait deviner son impact électoral dans les prochaines années. Si l’électorat breton ne succombe pas facilement aux sirènes françaises, il n’est pas exclu que des thèmes bretons soient plus séducteurs. Il y a donc du boulot en perspective pour contrer ce raz de marée brune qui déferle aux quatre coins de l’hexagone en récupérant tout ce qui se rapproche de près ou de loin aux cultures « régionales ». Voilà une bonne raison pour que des libertaires occupent le terrain, avant que la place se restreigne… Dénoncer les dérives capitalistes et fascistes au sein de la mouvance politico-culturelle bretonne est un des objectifs que se fixe HUCH ! à son modeste niveau.

      Sortir d’un certain ghetto anar pour aller se frotter aux réalités culturelles locales. Permettre un dialogue entre militants indépendantistes et militants anarchistes. Décloisonner les militants et, par le dialogue, tenter de se défaire de clichés réciproques. Ces deux mondes militants auraient certainement des choses  à s’apporter mutuellement s’ils prenaient la peine de mettre un instant de côté leurs a priori et leurs étiquettes. Aux anars qui nous objecterait qu’il ne faut pas se tromper de combat et qu’il y a des risques de dérives, nous répondons avec le même entrain, qu’il ne faut pas non plus se tromper d’adversaires. Le combat des cultures minorisées est bien souvent, dans leur essence, d’inspiration libertaire. Nous parlons ici du peuple ! Le peuple que l’on méprise parce qu’il parle patois, parce qu’il parle mal français, parce qu’il n’a pas la culture de l’élite parisienne ou locale. La lutte de classe c’est aussi là qu’elle se joue ! Le français et l’anglais sont les langues du Capital ! Nous refusons l’instrumentalisation d’une culture pour des motifs économiques. Actuellement, une certaine élite bretonnante à tendance à prendre la voie du libéral culturalisme et du marketing à tout va. A ce rythme, la langue bretonne va finir par être perçue comme étant une culture huppée voire élitiste. Ce n’est pas la langue bretonne qu’il faudra taxer de libérale mais bien plus certaines personnes qui, pensant sans doute bien faire, vont la mener à sa perte. Faire d’une langue un produit commercial, c’est en réalité, la mettre au tombeau car elle perd son essence, elle perd son identité car elle perd le lien populaire qui l’a fait vivre.  Ceux qui veulent lustrer la langue bretonne pour qu’elle soit « vendable » ou « consommable » jouent , à leur manière un rôle de fossoyeurs. Car il est ici question des langues terreuses, des peuples terreux, des familles terreuses que l’on a montré du doigt, que l’on a vilipendé, que l’on a interdit, que l’on a cloisonné dans le silence de la honte. Honte à toi qui ne parle pas la langue des rois ! ( rois médiévaux ou rois de la finance ). Honte à toi qui appartient aux classes inférieures ! La langue du peuple porte en elle la misère de sa condition et le germe de la révolte. Malheur aux colons qui la verront éclore !

       Affirmer le caractère internationaliste de notre combat. Dans l’optique d’une société mondiale basée sur le socialisme libertaire, nous pensons qu’il est indispensable de se pencher sur la question des identités et de les prendre en compte. Nous ne voulons pas d’une Europe du fric, pas d’une Europe des régions capitalistes, pas d’une Europe des Etats Nations ou des Etats Régions ! Nous souhaitons que les peuples qui composent notre Terre aient le droit à l’autodétermination, qu’ils aient le droit de faire vivre leurs cultures et qu’ils aient le droit de dire non à l’ordre capitaliste que les élites leur imposent. La lutte se mène à un niveau mondial et non pas seulement breton ou européen ! Pour l’autogestion des peuples et pour la dignité des individus ! Pour un internationalisme effectif ! Pour le socialisme libertaire !

 

    NI ETAT, NI CAPITAL, NI ETHNOCENTRISME

POUR UNE BRETAGNE LIBERTAIRE : BRISONS LES CHAINES CAPITALISTES ET JACOBINES !